Semaine 4 : Feliz San Juan ! / by Sebastien Desrosiers

Pour la fête nationale, on ne voulait pas rester à la maison et boire d'la 50. Faque on a organisé un party de St-Jean à l'ACJ (le YMCA où on travaille) pour réunir nos familles adoptives, les jeunes avec qui on travaille et tout le monde qu'on connaît ici.
Puisqu'on faisait ça dans un centre de jeunes, l'alcool n'était pas invitée. Pas une vraie St-Jean vous direz.. C'est ce qu'on se disait aussi mais sérieux, on a été surpris.
 

Après un brin de jasette, quelques verres de punch «virgin» et une session de tatouage de fleurs de lys, la petite fête bon enfant s'est transformée en véritable pow-wow. Notre énergie et les tattous ont bien sur joué un grand rôle mais un des leviers du succès a assurément été Ruben, le responsable du centre et sa blonde, Jenny, qui ont vraiment mis la gomme niveau logistique et bouffe. Puis nous et ben, on s'est occupé du reste.
 


Danse, futbol, bouffe équatorienne, bouffe exotique (lire : Poutine, pâté chinois et pouding chômeur), groupe de musique live sur place, feu de camp avec guimauves; ça a vraiment viré comme il faut ! Tout le monde voulait son tattou du Québec, les invités voulaient nos recettes, c'était le party dans la cuisine, comme il se doit, le tout en espagñol et en français. J'ai eu du fun à raconter l'histoire du pâté chinois (la vraie;) et je leur ai traduis pouding chômeur en espagnol, en soulignant que la version qu'on mangeait, avec sirop d'érable, n'était pas ce qu'il y a de plus chômeur. Je leur ai aussi dit que la poutine, on la mange à toute heure, mais qu'on l'aime encore plus quand on la mange après une brosse, en sortant d'un bar. Maintenant, on se connait mieux. ;-)
 

J'dois dire que j'ai eu des papillons quand le «band» a salué la foule avec un beau gros Viva Québec ! Quand autour du feu de camp, tout le monde se grillait une guimauve, pour la plupart une première à vie. Assez fier aussi quand on a parti la musique Québécoise et qu'après une courte hésitation, tout le monde a continué à danser, même si les rythmes n'étaient pas aussi dansants que ceux qu'on entend ici.

Ronds, mes yeux, en voyant se créer un «mushpit» sur une toune de Bernard Adamus. Pis les jeunes qui me demandaient de leur traduire la toune, poésie dans les deux langues... Surpris quand Jhefferson, le «bully» de notre groupe d'étudiants, m'a demandé de lui troquer mon bracelet bleu fleur-de-lysée contre un des siens, pendant que son ami Carlos me demandaient de partir avec un drapeaux pour le mettre dans sa chambre. Les gars auraient pu nous taxer tsé, mais non, ils ont fait ça comme des grands ;)
 

Fier d'être Québécois, tellement. Fier de voir que notre culture en a dedans et qu'elle fait même vibrer nos cousins du sud. Fier que tous ces gens, qui pour la plupart ignoraient jusque là l'existence de notre gros village d'irréductibles, ont appris que le Québec existe, et qu'il est plus qu'une simple province du Canada. Vraiment fier qu'ils l'aient dansé, qu'ils y aient gouté et qu'ils aient vu que notre Québec, on le fête en grand, même quand on est à 8500 kilomètres de chez nous.

 Photo de groupe en criant QUÉBEC! et QUITO!

Photo de groupe en criant QUÉBEC! et QUITO!